jeudi 7 octobre 2010

Carnet de voyage au Togo


Notre amie Julie Le Feunteun publie ce mois-ci le premier tome de l'ouvrage "Mon Afrique est un ciel", un carnet de voyage qu'elle a réalisé au cours d'un voyage au Togo. Partie cultiver la spiruline bio dans un village togolais, Julie nous en a ramené des souvenirs truffés d'anecdotes truculentes sur la vie quotidienne, mais aussi ses réflexions d'Occidentale "décroissante" en Afrique, des trucs et astuces écolo, etc.

CONTACT : arlequine@no-log.org - http://sites.google.com/site/voyagetogo

mercredi 6 octobre 2010

Revue de presse 28/09/10 - Fatiguée

Par quoi commencer ? Parce que je ne sais pas vous, mais moi, je suis fatiguée... Je suis fatiguée des luttes sociales, des luttes solidaires, des luttes écologistes, anti-xénophobes, anti-carcérales, anti-fraudes fiscales, anti-tutti quanti... Tenez, rien que cette semaine : mercredi, fête de l'indignation pour soutenir les Roms, jeudi, manifestation contre la réforme des retraites, samedi, rassemblement contre la loi Besson sur l'immigration... C'est un peu usant !

Mais il faut bien commencer par quelque chose, alors commençons par la loi Besson. Pourquoi? D'une part, parce que ce n'est pas moins que la cinquième loi sur l'immigration qui sera votée en sept ans et d'autre part, parce que les informations sur ce sujet sont quasiment inexistantes dans les médias, alors que la loi est débattue depuis ce mardi à l'Assemblée nationale.
En vrac, voici quand même quelques infos pêchées sur les sites de Mediapart et du Figaro. Ainsi, la loi prévoit d'instituer :
* l'allongement de la durée de rétention administrative de 32 à 45 jours
* la création d'une possible interdiction de retour sur le territoire de 2 à 5 ans (c'est les familles dont l'un des membres aura été expulsé qui vont être contentes!)
* la création de nouvelles zones d'attente (jusqu'à présent limitées aux aéroports) où les étrangers sont plus aisément expulsables
* la restriction de l'accueil pour soins médicaux : seuls pourront en bénéficier les étrangers dont les traitements en question ne sont pas disponibles dans leur pays d'origine (ce qui occulte la question de l'accès aux soins sur place, celles des moyens, etc.)
Sans oublier les dispositions qui ont été rajoutée depuis le mémorable discours présidentiel de Grenoble cet été :
* la déchéance de la nationalité pour des Français d'origine étrangère ayant porté atteinte à un représentant de l'autorité publique
* la possibilité d'expulser des ressortissants européens présents depuis moins de trois mois sur le territoire en cas de « menace à l'ordre public » (par « menace à l'ordre public », on entend entre autres « exploitation de la mendicité » et surtout « occupation illégale d'un terrain public ou privé », formule bien pratique pour bouter du Rom hors de France...)
Avec tout ça, ils ne seront pas nombreux ceux qui pourront prétendre au statut de travailleur français qui partira un jour à la retraite à 67 ans...

La retraite d'ailleurs, parlons-en ! Comme on commence à bien maitriser le sujet ces temps-ci, j'ai décidé de m'intéresser à ce qui me turlupinait encore, telle la question de la retraite par capitalisation, un sujet traité par le Politis du 23 septembre, dans un article intitulé « L'autre sale coup de la réforme».
La retraite par capitalisation? Mais kesako ? Ben voilà, dans notre actuel système par répartition, on prélève des cotisations sociales qui sont immédiatement reversées aux retraités. Mais dans un système par capitalisation, l'épargne individuelle est placée dans des institutions financières qui font travailler vos petits sous pendant toute votre vie active et vous seront reversés à votre retraite (si un jour...). Le problème, selon le magazine Politis, c'est « le caractère inégalitaire et la logique de ces fonds d'épargne qui cherchent à maximiser les rendements et prennent des risques sur les marchés financiers. La crise a pourtant infligé un cinglant démenti à ceux qui juraient que le rendement du système par capitalisation était supérieur à celui du système par répartition! » Et Politis de citer, avec Attac, le cas de l'Irlande, dont la valeur des fonds de pension a dégringolé de 38% en 2008... D'autre part, la capitalisation individualise le financement de la retraite, ne la rendant accessible qu'aux plus aisés, bien sûr... Une tendance qui satisfait les vœux même pas secrets du Medef puisque sa présidente, Laurence Parisot, l'avait explicitement réclamé à Éric Woerth... Bien sûr, cela n'a rien à voir avec le fait que celle-ci soit également administratrice de la BNP Paribas, une banque très favorable au système par capitalisation...
Autre sujet turlupinant (j'adore ce terme, pas vous?) : les femmes et la réforme. Elles étaient nombreuses, en effet, les féministes, à tracter dans les différents cortèges de jeudi dernier. Bien sûr, j'ai voulu en savoir plus... Mission réussie grâce à Mediapart qui revient, le 24 septembre, sur l'inégalité salariale, les interruptions de carrière, les parcours «hachés», l'importance du temps partiel subi pour les femmes... qui feront d'elles les premières « victimes » de la réforme! Ainsi, par exemple, 30% des femmes occupent aujourd'hui un emploi à temps réduit pour seulement 5% chez les hommes.
Dans l'article, Ana Azaria, présidente de l'association Femmes Égalité s'emporte : « La caissière qui s'abîme le dos... Les médecins du travail disent que se sont les caissières qui ont les maladies professionnelles les plus répandues au niveau du dos. Comment on arrive à être caissière à 67 ans? Ces femmes même, une bonne partie va être licenciée avant 60 ans. Comment faire? Sept ans de chômage ce n'est pas possible, elles vont se retrouver avec le RSA et donc avec des retraites misérables ». Des solutions, elle en a, Ana Azaria : « il faut taxer les dividendes, les dividendes se font grâce au monde du travail. Il faut aussi taxer les revenus financiers, les grandes fortunes. »

Au passage, puisque j'étais sur Médiapart, je ne peux pas me refuser un petit aparté sur la diatribe récente de Rémi Pflimlin à l'encontre du quotidien en ligne. Interrogé en public sur l'affaire Bettencourt, le tout nouveau et surtout tout premier directeur de France Télévision directement nommé par le Président de la République a ainsi affirmé que l'affaire aurait pu sortir sur le service public, « mais de manière plus sérieuse, et moins émotionnelle, moins manipulatrice et moins publicitaire que sur Mediapart », ainsi que « de façon plus respectueuse par rapport à des éthiques... » Et le directeur de France Télévision d'évoquer des « dérives à la Big Brother (...) dans un monde où tout circule n'importe comment »... Bravo ! On l'attendait au tournant et Rémi Pflimlin fonce dans le mur! Outre sa méfiance réactionnaire vis à vis du web, cette sortie confirme les inquiétudes des journalistes de France Télévision quant à l'indépendance de leur nouvelle direction vis à vis de l'État.
Dans la même veine, je vous recommande la lecture de l'enquête sur France Inter publiée le 23 septembre dans les colonnes de Télérama. En juin dernier, en effet, Jean-Luc Hees prenait ses fonctions de premier président de Radio France directement nommé par le chef de l'État et choisissait dans la foulée Philippe Val pour diriger France Inter. Et Télérama nous rappelle : « Deux heures après son installation, le nouveau directeur retire la revue de presse matinale à Frédéric Pommier, qui a eu la mauvaise idée de citer le concurrent et ennemi de Charlie Hebdo, Siné Hebdo... » Puis vient l'épisode Porte et Guillon, les deux humoristes renvoyés pour avoir un peu trop malmené les oreilles élyséennes... Une décision qui provoque une manifestation de près de 2000 auditeurs devant la Maison de la radio...
Demorand, Porte et Guillon partis, la matinale de cette rentrée sur France Inter est désormais insipide et lèche-bottes (c'est moi qui le dit, pas Télérama). Pourtant, Philippe Val persiste : « L'humour n'est pas le monopole des humoristes. Il y a des choses drôles qui se disent dans la matinale ». C'est vrai que l'imitateur Gérald Dahan qui anima un meeting de l'UMP en 2005 est à mourir de rire... C'est vrai que je me suis esclaffée quand Raphaël Mezrahi a démissionné après avoir tenu seulement huit jours... C'est vrai que j'ai beaucoup ri également quand, en pleine réforme des retraites, Audrey Pulvar, dans sa rubrique très sérieusement intitulée « la controverse » s'est excusée auprès de Laurence Parisot d'avoir mal préparé son interview! Hahaha...
Rassurez-vous, je ne terminerai pas ce billet d'humeur par un guillonnesque « j'encule Sarkozy », car je ne voudrais pas me faire virer de RCV ou de PFM...

vendredi 24 septembre 2010

Revue de presse 21/09/10 - questions de priorités

« Être ou ne pas être... à la mode. De nos jours, là est – bien souvent – la question. » se demande, dans son édito de ce mois-ci, Éric Maitrot, rédacteur en chef du passionnant mensuel régional Nordway. Poignant dilemme en effet que se pose le magazine en cette rentrée si pauvre en actualité sociale, xénophobie d'État – cette expression est un peu à la « mode » dans mes chroniques en tout cas ! - et autres scandales politico-financiers... Pour Nordway, la « question du mois » (quatre pages en actu quand même) est donc bien celle-ci : « La Métropole s'est-elle mise à la mode? » Autre interrogation cruciale quelques pages plus loin : « Le record de l'écharpe la plus longue du monde sera-t-il battu à Fourmies? » (Épargnez-moi cette moue désabusée, je sais bien que cette question vous tarabuste aussi...! Et bien sachez que les participants nourrissent un espoir secret : « battre le record détenu par les Gallois de Cardiff, soit 54,290 kilomètres », ça rigole plus !)
J'exagère sans doute un peu... Dans un journal d'une soixantaine de pages, il doit bien y avoir quelques papiers intéressants, non ? Eh bien, à dire vrai, j'avoue que j'ai un petit faible pour « l'anti-portrait » de Jack Lang... « curieux », « flamboyant », « original », « atypique », « travailleur », « extrêmement exigeant », « drôle », « curieux », « cultivé », « bête politique »... Les superlatifs ne manquent pas dans ce soi-disant « anti-portrait » réalisé à partir de quatorze témoignages dont « les séduits », « la famille », « les amis », « les collègues » et seulement trois « critiques »... Heureusement que Jean-Pierre Boutoilles du collectif d'aide aux migrants C'Sûr nous rappelle que Jack Lang avait soutenu la fermeture de Sangatte par Nicolas Sarkozy ! On en oublierait presque sinon le virage sarkozyste du bien aimé député du Pas-de-Calais... Celui-là même qui, comme le souligne marianne2.fr, s'est bien gardé de condamner le discours sécuritaire et raciste de Nicolas Sarkozy à Grenoble... Celui-là même qui est le seul député socialiste a avoir soutenu le projet de loi Hadopi ou encore la réforme constitutionnelle... Celui-là même qui défend Éric Woerth dans l'affaire de la succession César, etc.
Allez, ne vous inquiétez pas, tous les médias ne sont pas aussi cabotins... Aujourd'hui par exemple, j'avais décidé de m'intéresser aux mensuels que nos auditeurs pouvaient encore trouver en kiosques, alors j'ai acheté CQFD me pour me remettre de mes émotions nordwesques. Et je n'ai pas été déçue ! Enfin si, j'ai été un peu déçue en fait, pas par le canard lui-même, mais par l'action sociale ! Dans son édition de septembre, CQFD nous propose ainsi une interview stupéfiante d'une assistante sociale et de deux éducateurs travaillant dans des associations de réinsertion. Et leur témoignage fait vraiment peur... « Elle n'a pas assez connu la galère, il faut qu'elle aille un peu dans la rue. Après, peut-être qu'elle acceptera notre aide ». Ce genre de réflexions, Estelle affirme en entendre de plus en plus depuis quelques temps. Il faut dire qu'aujourd'hui, l'action sociale entretient la « culture du résultat »... L'État ayant délégué une grande partie de sa mission d'accompagnement social aux associations, ces dernières se doivent en effet de prouver leur efficacité en terme de réinsertion, sous peine de ne pas voir renouveler leurs subventions. Un système pervers qui crée des situations absconses et marginalise encore plus les précaires, lesquels doivent régulièrement passer des entretiens pour déterminer s'ils ne sont pas trop pauvres ou pas assez, trop sales ou trop propres, pour bénéficier du suivi de telle ou telle association... Quant aux travailleurs sociaux, on leur demande de faire du chiffre, en faisant primer la quantité sur la qualité de leur accompagnement !
Faire du chiffre... Telle est également la mission des préfectures, censées expulser à tour de bras – ou plutôt à tour de charters – sans-papiers et autres romanichels. A ce sujet, CQFD publie également ce mois-ci six petites planches du dessinateur Berth, initialement prévues pour feu Siné-Hebdo, intitulées Les Expulsables, et qu'on peut désormais retrouver dans l'album éponyme du dessinateur aux éditions Hoëbeke.
Trêve de plaisanteries, je vous invite également à découvrir l'enquête sur la gestion des logements des mineurs de ch'Nord publiée aujourd'hui par Rue89 en partenariat avec France Inter. On y apprend ainsi que « 63 475 logements gérés par la Soginorpa, l'établissement régional chargé de gérer ce patrimoine, ont fait l'objet de placements financiers hasardeux… au risque de déclencher une crise des subprimes, version cht'i ». La Soginorpa aurait en effet massivement emprunté aux banques selon un principe appelé « gestion active de la dette » : « Le principe consiste à proposer des taux très attractifs en début de prêt qui, ensuite, vont se transformer en taux variables indexés sur des indices monétaires ou boursiers. Une vraie roulette russe où les collectivités peuvent gagner (un peu) ou perdre (beaucoup). » Précision utile : « La Soginorpa est une filiale à 100% de l'Epinorpa, sorte de holding de contrôle, entièrement aux mains de la région Nord-Pas-de-Calais, dont le conseil d'administration est présidé par Jean-Pierre Kucheida, député-maire de Liévin. » Merci encore à Rue89 – à l'instar du désormais célèbre Médiapart - de nous rassurer sur le monde politico-financier !
Et puisque j'étais dans les mensuels, j'en profite pour vous rappeler que depuis trois mois, Rue89 édite également un magazine mensuel papier du même nom avec ce mois-ci notamment, un dossier fort intéressant sur la croissance et la décroissance. Quoique encore fort timoré sur la question, Rue89, soulève le dilemme tabou d'une croissance infinie dans un monde aux ressources finies et esquisse quelques pistes de solutions avec des personnages tel que Pierre Rabhi et sa « sobriété heureuse » ou encore Tim Jackson et sa « prospérité sans croissance »...
Enfin, pour finir sur une note un peu plus guillerette, laissez-moi vous raconter, avec Rue89 toujours, quelques « préhistoires de cul » (le jeu de mots n'est pas de moi !). Pour entrer dans le vit du sujet (celui-là si), le magazine nous invite à découvrir l'exposition « Sexe en pierre » à Atapuerca en Espagne, une exposition de sculptures et gravures sur pierre du paléolithique reproduisant des scènes d'amour, de masturbation, des godemichés ancestraux et bien sûr quelques célèbres Vénus callipyges ! Une belle occasion pour les historiens de braver quelques tabous en montrant que le sexe-plaisir et non simple reproduction était déjà d'actualité chez nos très vieux ancêtres. Allez, Cromagnon, fais-moi voir ton beau... silex !

ZB

mardi 21 septembre 2010

Fête de l'indignation

Un grand nombre de structures culturelles se mobilise contre les dérives sécuritaires et xénophobes du gouvernement à l’encontre des communauté "Roms" et de "Gens du Voyage".
Un concert de soutien aura lieu mercredi 22 septembre à l'Aéronef (Lille)avec Marcel et son Orchestre, Loïc Lantoine, New Stompers, Gilles Defacque, Jef Kino et Swing Gadgé. La totalité des bénéfices de ce concert sera reversée à la Ligue des droits de l’Homme au bénéfice du collectif de soutien aux Roms.

Mercredi 22 septembre - 20h
Aéronef
10 €

jeudi 16 septembre 2010

Revue de presse 14/09/10 - chasse aux Roms

Qu'avez-vous fait ce weekend, les amis? Une petite après-midi dominicale à la chasse peut-être? Ben oui, il paraît que la saison de chasse ouvre en septembre... Du moins seulement pour les lapins, cailles, faisans et autres perdrix... Parce que la chasse aux Roms, elle, est très officiellement ouverte depuis le 5 août!
C'est au Canard social, un jeune site Internet indépendant spécialisé sur l’actualité du secteur social en Pays de la Loire qu'on doit l'information. Nouveau soubresaut jeudi dernier en effet dans le feuilleton Roms de l'été, avec la publication par le Canard social d'une circulaire du ministère de l'Intérieur adressée aux préfets, en date du 5 août, que le journal en ligne compare à un véritable « mode d'emploi pour l'expulsion des Roms »... Ce document - tout ce qu'il y a de plus officiel - enjoint ainsi - avec recommandations pratiques à la clé - à chaque préfet de zone « la réalisation minimale d’une opération importante par semaine (évacuation, démantèlement ou reconduite), concernant prioritairement les Roms. »
Au vu de cette nouvelle révélation, je me devais de profiter aujourd'hui de ma chronique pour dénoncer cette scandaleuse xénophobie d'État, quitte à vous en rebattre les oreilles comme nombre de mes confrères... Et oui, même un Patrice Gélinet, qui - dit-on - aurait milité étant jeune au mouvement d'extrême-droite Occident, a consacré ce mardi son émission « 2000 ans d'histoire » sur France Inter à l'histoire des Roms et de leur persécutions notamment par le régime nazi !
Pourquoi ressasser le sujet ? Pourquoi en effet... Tout simplement parce que, comme nous le rappelle sur Mediapart, le 11 septembre, Michel Tubiana, le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), le Code pénal définit la discrimination comme « toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie. » Or, cette fois-ci, ce n'est plus seulement dans leurs discours, mais dans leurs écrits officiels que les soi-disant représentants de la République expriment leur racisme puant.
Et Michel Tubiana de nous alerter : « Il y a quelque chose qui va bien au-delà du scandale dans ce verbe administratif. Il y a l'angoisse de constater que d'auvergnats en maghrébins, de musulmans français forcément « accueillis » dans le pays où ils sont nés en Roms pique-assiettes de notre système social et gens du voyage forcément délinquants, se dessine le portrait d'une politique qui n'hésite pas à s'en prendre à des communautés entières sur la base de leur origine ou de leur religion. »
Ajoutez à cela l'amalgame estival « Roms = gens du voyage = délinquants » et nous voilà dans un discours gouvernemental qui fleure bon l'extrême-droite... A ce sujet, il me semble judicieux de vous conseiller la lecture d'un article du Figaro du 24 août – décidément, même le Figaro m'étonne ces temps-ci ! - qui permet d'expliciter correctement les termes. Le quotidien distingue ainsi le statut de « gens du voyage », catégorie administrative de populations françaises résidant en abri mobile, et le terme « Roms » qui désigne des étrangers migrants, ressortissants de l'Union européenne (principalement de Roumanie et de Bulgarie). Si les Roms et la plupart des gens du voyage partagent une même culture tzigane (appelée aussi gitane ou manouche selon les régions), ils ne partagent pas la même histoire, encore moins la même nationalité.
« Ça fait six cents ans que nous vivons en France et nous sommes sédentaires depuis disons trois cents ans. Les premiers gitans recensés sont arrivés au XVe siècle, en majorité d'Espagne. » explique à Mediapart (3 septembre) Jean-Paul Caragol, président du collectif des gitans de Perpignan. Le collectif, formé début août, entend affirmer, malgré les amalgames, sa solidarité envers les Roms de Roumanie. Jean Gimenez, un autre membre du collectif, détaille ainsi : « En entendant l'annonce, le 28 juillet, par le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, de nouvelles mesures répressives concernant les gens du voyage et les Roms, nous avons tout de suite pensé à l'époque de nos parents et grands-parents, à l'époque des Allemands qui mettaient les femmes et les enfants d'un côté et les hommes de l'autre. Tout ça nous a choqués. Aujourd'hui mes parents et grands-parents sont décédés. On n'a pas d'écrits, c'est une culture orale. Ils nous racontaient des histoires autour du feu mais ce n'étaient pas des histoires, c'était la réalité: la souffrance qu'ils ont vécue, comment ils allaient se cacher dans les villages, les montagnes, ils parlaient de Vichy... Alors quand j'ai vu à la télévision ces images de campements évacués, ça m'a fait mal. J'ai travaillé pendant quarante ans à la mairie de Perpignan. Nous sommes français depuis des générations, mais nous avons connu ça aussi. »
A lire aussi, un article de Rue89, en partenariat avec LyonCapitale, publié le 26 juillet sur leurs sites respectifs : « Clichés, idées reçues : qui sont vraiment les Roms? » Martin Olivera, ethnologue spécialisé dans la communauté tzigane, y dissèque une dizaine de préjugés classiques : les Roms sont structurellement nomades, ils droguent leurs enfants pour faire la manche, etc. Selon le chercheur en effet, c'est surtout l'expulsion des squats et des bidonvilles en France qui contraint les Roms à la mobilité, alors qu'ils étaient sédentaires en Roumanie. Quant à la manche, pour bien des familles sans qualification, sans droit au travail, elle est la seule ressource possible et les enfants y sont associés comme ils étaient associés aux travaux paysans en Roumanie. « Quant aux bébés dans les bras, ils ne sont pas là pour apitoyer mais parce que les mères n'ont pas de solution pour les faire garder : où ? Par qui ? »
Je conclurai sur la question des expulsions avec l'analyse de Malik Salemkour, vice-président de la LDH, dans le Politis du 26 août. En effet, alors qu'Éric Besson clame à l'envi que le droit à la libre-circulation en Europe n'est pas « inconditionnel », Malik Salemkour rétorque qu'individuellement des expulsions sont possibles, notamment en cas de « trouble à l'ordre public », mais que dans le contexte actuel, « il n'y a pas de cas par cas » : « On estime a priori que les Roms sont pauvres, qu'ils sont une charge déraisonnable, vivent en bidonville. On les vire donc collectivement. » Pour le vice-président de la LDH, il s'agit donc « d'expéditions punitives »...
Ah... La tradition de la chasse... Vive le sport !

ZB

mardi 14 septembre 2010

Paul Parisot, un journaliste engagé


Nos confrères des éditions ARIA-Nord viennent de publier l'ouvrage "Paul Parisot, la traversée du siècle d'un journaliste engagé".
Rédigé sur la base d'entretiens réalisés par Marie-Martine Chambard et Alain Goguey avec Paul Parisot, peu avant sa disparition, le livre retrace un siècle militantisme, de la Résistance à nos jours. Journaliste engagé et militant syndical, Paul Parisot est notamment un des rédacteurs de la charte de Munich, laquelle détermine les droits et devoirs de la profession de journaliste. Au travers de la vie de Paul Parisot, c'est une éthique exemplaire à découvrir et redécouvrir d'urgence en ces temps de concentration des médias entre les mains des puissants et de syndicalisme dispersé..

ARIA-Nord
11 bis rue de la Garonne - 59000 Lille
www.aria-nord.fr

samedi 11 septembre 2010

Babelle de rentrée ?


Et ben alors? Que devient Babelle? Et oui, désolés, vous l'aurez remarqué, la publication du magazine est interrompue depuis février... Pas assez d'argent, de temps, de moyens humains, nous voilà contraints de mettre un terme au magazine (Les abonnés qui le souhaitent seront remboursés au prorata des numéros non-reçus)...

Cela dit, Babelle est mort, vive Babelle ! D'une, tous les anciens numéros sont désormais disponibles gratuitement auprès des membres de l'asso. De deux, nous avons de nouveaux projets dont nous vous tiendrons informés très vite : l'édition de guides d'écologie pratique!

Enfin, l'émission Babelle a fait sa rentrée cette semaine le mardi à 19h30 sur les ondes de RCV 99FM (Lille), rediffusée le vendredi à 17h sur PFM (Arras)! Une nouvelle "formule" à découvrir!